mardi 16 juin 2009

La poésie, l'homme et son village

L’INTERVIEW

Qui ne connait pas Hessas Abdellah (fils de l’hocine n’cheikh Ou-Yedir) le poète.

Il a eu l’amabilité de répondre à mes questions avec simplicité et profonde conviction. Il a parlé de sa vie, du village, de ses souvenirs, de l’ASCAB, etc.

Et voici l’homme et le poète :


1. Vous êtes :

Réponse : Hessas Abdellah, né en 1954 à Aït Bouyahia, marié père de quatre enfants (garçons), retraité de la Wilaya (préfecture) de Tizi-Ouzou de puis le 1er janvier 2009.

J’habite à Tizi-Ouzou depuis mai 1985.

2. Racontez-moi Ait-Bouyahia : notre beau village?

Réponse : J’ai eu la chance de naître dans un quartier des plus bouillonnants du Village, j’ai donc « vécu » le Village dans toutes ses contradictions et ses particularités. C’est à Lakhmis que les premiers « Berbéristes » sont connus, nous étions quatre (à partir de 1970), à cause de ça, nous étions les malaimés, des individus à éviter comme la peste. C’est à Lakhmis aussi qu’est née l’ASCAB, qui sera par la suite adoptée par tous les jeunes du Village. Mais, les autres quartiers ont tous leur place dans mon cœur, Ldjamaa t-taddarth, Ldjamaa oufella, Ldjamaa bwadda, Izra, Tizi, Agwni, Louvayer, Boudhahman, Ighil, Akal aberkan etc… Chaque quartier a ces raisons d’être apprécié.

3. Vous êtes un des piliers et un des premiers fondateurs de l’ASCAB (Association et Club) rafraichissez-nous la mémoire?

Réponse : Il y avait eu auparavant la création d’équipes de quartiers et l’organisation d’un tournoi de Village pour nous permettre la sélection des joueurs qui composeront l’ASCAB. À titre d’exemple l’OSTB pour Timizar Bwafir, le CST pour Taddart, la JOB pour Boudehmane etc. Les jeunes étaient d’un enthousiasme délirant, c’est justement ce qui nous encouragea à ne pas baisser les bras devant les interdictions et autres remontrances propres à cette époque.

Pour revenir à votre question, je dirai que je ne suis pas un des fondateurs, j’en suis plutôt avec toute modestie Le fondateur, ce que j’ai subi pour continuer n’avait rien pour m’encourager, je préfère ne pas raconter certaines choses dues à la mentalité des notables de l’époque. À leur décharge, je suis convaincu qu’ils n’entreprenaient et n’admettaient, il faut le souligner, que ce qu’ils croyaient bon pour le Village et ses habitants. Je ne peux donc tenir aucune rancune envers qui que ce soit. D’ailleurs, toute cette amertume est définitivement enterrée par le trophée de 1995.

Heureusement que par la suite l’ASCAB a été adoptée par tous les jeunes du village. Elle est devenue la propriété de tous. Tous ont contribué de prêt ou de loin des simples sympathisants aux premiers responsables à l’émancipation de ce nouveau-né qui deviendra en l’espace de quelques années la fierté des villageois tant il était craint et respecté par les autres villages.

La première équipe à participer à un tournoi communal était pour beaucoup dans la véritable mise sur orbite du club, je ne peux m’empêcher à cette occasion de leur rendre un vibrant hommage pour avoir accepté d’affronter des équipes déjà rompues aux compétitions telles que Taguemoun Azouz, Taourirt Moussa, Taddart Oufella etc… Je citerais à titre d’exemple, Kerbel Djamal (Entraineur), Elias Abdellah (avant-centre), Kerbel Tahar (milieu offensif), Hessas Hadj Tahar (Dirigeant), Hessas Sadek (défenseur), Hammouche Kamal (attaquant), Himeur Belkacem (attaquant), Kloul Abdennour (défenseur), Idres Kamal (milieu défensif), Kerfi Abdellah (gardien) et j’en oublie beaucoup.

À la veille de ce tournoi nous avions osé inviter des « sages » c'est-à-dire des personnes plus âgées, pour lesquelles, il faut le dire, le foot importait peu. Nous étions dans l’obligation de le faire étant donné que nous étions sur le point de représenter le village dans une joute communale. Mais aussi nous nourrissions secrètement l’espoir d’une aide financière du comité du village pour la prise en charge de l’équipe. Je me rappelle qu’un de ses invités dont je n’oublierai jamais l’intervention a demandé à ce que le nom de l’ASCAB soit remplacé par l’USMAB (Union Sportive Musulmane d’Aït Bouyahia) parce qu’on est un village d’Imrabdhene dit-il ! J’ai défendu contre vents et marées notre sigle qui avait déjà trois ans d’existence, en disant qu’on n’a pas à prouver à quiconque notre attachement à la religion et que tous les villages nous connaissent très bien pour ça, et puis il y a aussi l’équipe de Aïn El Baïda qui portait ce sigle. Ceci m’a attiré les foudres des « sages », et je suis devenu indésirable, on est allé jusqu’à me dire en face qu’étant Berbériste j’étais manipulé par les pères blancs contre les musulmans! Mais grâce à l’acharnement de tous les membres de l’équipe, joueurs et dirigeants, notre sigle a été préservé.

Une autre tentative (?) d’éliminer le sigle de l’ASCAB dans les années 90, un groupe de jeunes qui sont venus me voir à la Wilaya pour me dire qu’ils voulaient officialiser l’existence de l’ASCAB mais que les règlements n’autorisent pas la création d’associations sportives et culturelles à la fois. Je leur ai répondu que s’ils voulaient d’une association culturelle ils n’ont qu’à la dénommer Association Socioculturelle d’Ait Bouyahia, dans le cas ou ils désiraient une association sportive ils l’appelleront Association Sportive du Club d’Aït Bouyahia. Dans les deux cas, le sigle sera préservé. À ma grande surprise j’apprends que non seulement on efface le sigle ASCAB mais aussi on le remplace par un nom bizarre AJAB ?! (J’aurais dû accepter le sigle USMAB, songeais-je). Mais, a-t-on entendu scander ce nom par les supporters lors des rencontres qui ont suivi ? Non, évidemment. C’est pourquoi je tiens à dire à tous que même si nos jeunes ne joueront plus au football ou que d’autres équipes verront le jour au niveau du village, l’ASCAB restera à jamais un monument faisant partie du patrimoine du Village.

À l’heure actuelle quoiqu’on dise sur l’histoire de l’ASCAB et ses prétendus membres fondateurs ne me choque aucunement, il me suffit d’entendre les jeunes de mon village scander le nom de l’ASCAB et j’en ai la chair de poule.

4. Et comment voyez-vous le mouvement associatif au village et le Club de Football (ASCAB) de nos jours?

Réponse : Avez-vous vu la réaction de toute la Kabylie quand la JSK gagne un titre africain ? Vous rappelez-vous de ce qui a suivi le match Algérie-RFA en 1982 ? Pas loin que la semaine dernière, avez-vous constaté ce qui c’est passé après la victoire sur l’Égypte 3-1 ? Tout ça pour vous dire que le football est un phénomène mondial. Je dirai à tous les responsables : investissez dans le sport et, particulièrement le football, vous ne le regretteriez pas. Il est plus que jamais temps de donner au sport la place qu’il mérite dans notre village, les bonnes volontés ne manquent pas, les moyens non plus, il faudra seulement du courage pour prendre LA DÉCISION. Ce n’est pas facile, mais la génération actuelle peut le faire, elle adore tellement son club et est si fière de son village.

Pour ce qui est du mouvement associatif, j’avoue n’avoir aucune information le concernant.

5. Au village, le patrimoine de nos ancêtres commence à disparaitre. On détruit et on reconstruit anarchiquement les vestiges (Thiliwa, les mosquées, les monuments…) que pensez-vous?

Réponse : Il faut reconnaitre qu’il y a eu la restauration de certains lieux comme la réfection des routes : Abrid T-tala, Abrid Aqdim, ou encore Ldjamaa T-taddart, Ldjamaa Bwadda, Akal Aberkan et j’en passe.

Mais Le lieu-dit thiliwa n’existe plus pratiquement, Thala Guefrene n’est plus ce qu’elle était. Le massacre le plus touchant est incontestablement Ahechad L-lakhmis qui a complètement disparu, ne me dites surtout pas que c’est pour gagner de l’espace et élargir la place de Lakhmis. Pourquoi alors construire à la place un supposé monument qui ne rime à rien et qui ne reflète ni notre culture ni nos traditions et encore moins notre religion, et qui n’a rien à voir avec la modernité. Je reste sans voix à chaque fois que je vois cette abominable intrusion en plein Thaqaats L-lakhmis.

6. Beaucoup de coutumes disparaissent au village, que pensez-vous?

Réponse : Oui, c’est inévitable. Les effets de la modernité y sont pour beaucoup. À dire vrai, il y avait des traditions qui étaient appelées à disparaitre un jour ou l’autre comme « Lahjoubegga », l’interdiction du mariage des filles aux « non-imrabdhene », les chants religieux pendant les nuits de Ramadan (Ahellel) ou encore les danses rituelles à Akal Aberkan. Néanmoins, on aurait pu garder les bonnes traditions, comme Timechrett (en voie de disparition), Timaamarth (comme préscolaire). À mon sens, cela ne veut pas dire qu’on renonce à notre culture, ceci prouve qu’on n’est pas une société figée dans le temps, mais plutôt qui progresse et se métamorphose selon les besoins et les impératifs de la modernité.

7. Le village d’Ait-Bouyahia reste l’un des plus propres villages de la Kabylie : s’agit-il d’une mobilisation des membres du village, du mouvement associatif ou de tous les habitants?

Réponse : C’est dû essentiellement aux traditions et habitudes des villageois et à leur éducation transmise de père en fils. Il y a aussi le fait que les rues de notre village sont très aérées d’où leur « carrossabilité ». Ceci sans omettre de signaler le boom qu’a connu le Village en matière de construction.

Il ne faudra pas, non plus, omettre de rendre hommage aux comités successifs du Village pour les volontariats (Tachemlit) organisés périodiquement.

8. Je me souviens, et vous étiez toujours là, sous ce grand olivier (maintenant disparu) au milieu de Lekhmis, vers thala. Un ou des souvenirs?

Réponse : Ah! Et Thakherroubth ? C’est là exactement que nous attendions de voir nos bien-aimées passées vers Thala, il suffit à un jeune de seulement voir sa dulcinée et la journée était bien partie, il gardera cette image qu’il juge féérique jusqu’au lendemain et ça repart. J’aimais justement taquiner un certain ami quand il paraissait un peu triste « qu’est ce que tu as? Tu ne l’as pas vue aujourd’hui? » Il me sourit et le nuage se dissipe. Comment a-t-on osé déraciner Thakherroubth l-lakhmis? Mais surtout, où en est l’utilité?

Le grand olivier me rappelle toujours Moh-Tahar-At-‘Hdh-El-Hadj que Dieu ait son âme. Il restait là toute la journée à l’ombre. Après sa disparition, on a eu l’impression que l’olivier est devenu orphelin.

9. Lkahwa Bwada, Ldjamà Bwada, akhal Aberkane…etc. que vous rappellent-ils?

Réponse : Oh là! Que de souvenirs! Des soirées de loto surtout avec zzi l’mouloud Hasdane. Des soirées artistiques, que de nuits blanches, je donnerai cher pour une partie de poker avec les amis. Vous avez réveillé en moi les vieux démons! Ronda, Double-blanc, j’aimerais tellement citer des noms, mais bon…

Ldjamaa bwadda, je l’estimais la nuit et particulièrement « Thaachoucht n at ‘hdh-el-hadj », qu’est ce qu’on n’a pas raconté comme blague! Tahar bwali (que je salue au passage), Moh n Mhedh (fellas ya3fou rebbi). À l’époque on le vivait et c’est tout, mais maintenant je réalise que ça n’a pas de prix.

Akal Aberkan? Taâchourth, Lmouloudh, Lmi3radj, Les filles! Nous les jeunes qui venions rien que pour voir les élues de nos cœurs. Toute la Kabylie est jalouse de notre Akal Aberkan.

Avec tout ça on ne pouvait pas s’ennuyer. Actuellement, je ne peux pas résister plus de deux heures au Village, sauf les weekends où tout le monde est plus ou moins disponible.

10. En 1995, l’ASCAB a remporté le tournoi Inter-Village de Football. Vous étiez là?

Réponse : Et comment! Lorsque l’ASCAB a gagné son premier trophée, j’en ai pleuré à chaudes larmes, j’étais au septième ciel. Je me disais que ce moment-là, ce n’est pas donné à tout le monde de le vivre, et j’en serais fier jusqu’au dernier souffle de mon existence. C’est l’unique journée de ma vie où je me suis soûlé jusqu’à la mort.

11. L’ASCAB des années 80 à Oukil-Ramdane, des moments magiques, n’est ce pas?

Réponse : Inoubliable ! Toute la tribune était pleine de jeunes qui scandaient ASCAB ! ASCAB !, ça a joué sur le moral des joueurs de la grande équipe favorite du KCT Taguemount Azouz, d’ailleurs dans l’euphorie, notre équipe a inscrit le premier but signé par Kamal Hammouche de la tête (pour l’histoire). Même si au final nous avons perdu 7-1, les jeunes ont passé une journée qui les a marqués à jamais. Je n’omettrais pas de remercier en cette occasion le propriétaire du camion qui s’est chargé bénévolement du transport de nos supporters. Chabane l’mouloud aussi qui a accepté de transporter nos joueurs à Asif (rivière) (allez-retour) pour les entrainements, et qui a refusé d’être payé en nous disant « pour le prix de la « course » j’exige une victoire sur votre adversaire ».

12. La poésie et vous, racontez-nous vos débuts?

Réponse : La poésie? Voilà ce que ça représente pour moi :

D uhsifen i iqqedhn afwadh-iw………..akken lhif ur d iy-nekni!

T-tidherriyin n ssebr-iw………………..i yi-sselmedhn agani

D’arghuyen i issekwen tidhi-w………..mi ghubb wadhu n cchani

D inezman yezzmen temzi-w………….mi ssengh anwa i d nekkini

D inechmumehn rzagen………………..i d squchdhegh seg urrif

D isaremn-iw yesrafgen……………….d idjan aghebbar n lhif

D imettawen-iw yuragen………………akken adh yifsus ughulif

T-tirga-w merra yunagen………………sgud laâmer yetsighwzif

Mes débuts étaient des essais de curiosité, je m’intéressais plus à la rime, jusqu’au jour où je me surprends avec un vrai poème, c’était ça l’inspiration? À partir de ce moment-là je me forçais à en faire d’autre, mais ça ne marchait pas, c’est alors que j’ai compris que c’est l’inspiration qui fait le poème et qu’à défaut, la volonté n’y peut rien.

13. Vos poèmes : une poésie pure. Vos inspirations?

Réponse : La femme dans tous ses états : mère, sœur, épouse, fille, grand-mère, amie, amante, belle, douce, timide, charmante, riante, triste, pauvre, etc.

La nature aussi, la verdure, l’eau, l’arbre, la rivière, la mer, etc.

Les situations à émotions fortes, la séparation, la mort, la naissance, l’amour, la mélancolie, la nostalgie, la colère, la déception, etc.

14. Qui ne connaît pas vos poèmes par les chansons de Hessas Moh, pourquoi ne pas écrire un livre?

Réponse : Croyez-moi, ce n’est pas la volonté qui manque, mais cela ne me tient pas particulièrement à cœur. Par ailleurs, je n’ai pas composé mes poèmes pour qu’ils soient chantés. D’ailleurs, à chaque fois que Moh décide d’en chanter un j’étais obligé de lui composer un refrain (les vers qui reviennent après chaque couplet).

Aussi, ce n’était pas dans l’intention d’écrire un livre. Mais, je serais disposé à les mettre à la disposition de quiconque voulant éditer un livre. (Sur les poètes d’Ait Bouyahia par exemple).

15. Racontez-nous un peu sur la chanson amalen thizegzawin (qui a eue un grand succès?

Réponse : Ah! Nous y voilà, je m’y attendais. Il y a eu beaucoup d’interprétations qui ont accompagné cette chanson et qui m’étaient parfois désagréables. Pour des raisons que vous n’ignorez certainement pas, je préfère m’en tenir à ça.

16. Que diriez-vous à ces jeunes qui quittent le village en particulier et l'Algérie en général?

Réponse : C’est tout a fait naturel, personnellement j’ai quitté le Village en mai 1985 (c'est-à-dire il y a 24 ans), certes, je suis tout proche à Tizi, mais le problème à mon sens n’est pas dans le fait de quitter le Village ou le pays mais de ne plus y revenir. Aussi bizarre que ça puisse paraître, j’aime beaucoup plus mon village quand j’y suis loin, la nostalgie est un sentiment noble et très fort. Bref, je dirai à tous ces jeunes qu’ils doivent toujours être fiers de leurs origines, et de garder contact avec le Village du mieux qu’ils peuvent. Enfin je saisis cette occasion pour vous remercier de ce Blog. Voilà justement une manière comme une autre de garder contact avec les siens.

17. On a beaucoup de chanteurs au village, mais la réussite leur manque : quelle est la raison?

Réponse : Chez nous et en Algérie en général, il faut beaucoup de moyens pour s’imposer dans le domaine de la chanson, de la publicité surtout. Un jeune qui passe deux à trois fois à la télévision publique est presque assuré de réussir, Le don ou le talent n’ont rien à voir dans ces conditions, que voulez-vous c’est aussi ça l’Algérie. Hors du circuit public, les seuls qui puissent se faire entendre et ceux qui disposent de moyens financiers ou qui sont pris en charge par des boites d’édition privées. Une anecdote me vient à l’esprit, lorsque Moh Hessas enregistrait son deuxième album « a m-allen tizegzawin » un éditeur qu’il avait contacté pour une éventuelle prise en charge lui dira à peut prêt ceci : « Il faut me proposer quelque chose qui tient sur le marché et qui rapporte, comme les chansons de fête, je serais sûr de ne pas perdre dans l’affaire ». No comment.

18. Un souvenir ou quelque chose qui vous tient à cœur?

Réponse : Je n’oublierai jamais :

1-les moments vécus à « Lakhmis » avec les amis d’enfance, particulièrement les nuits d’été à « Lamiri ».

2-« Timechrett » et ses particularités.

3-La coupe gagnée par l’ASCAB, c’était pour moi un aboutissement heureux de tant d’années de labeur dans un climat défavorable, je dirai même sévère…c’est une autre histoire.

19. Un moment magique dans votre vie?

Réponse : En Juillet 1972, âgé alors de 18 ans, j’ai eu l’agréable surprise d’avoir mon BAC avec la mention « bien », ce moment est magique pour deux raisons au moins. La première c’est que mon père était malade (dépression), j’étais heureux d’avoir ce diplôme pour pouvoir prendre en charge mes petits frères alors dans le dénuement total. C’était une délivrance pour toute la famille j’étais considéré comme le messie tout simplement. La deuxième raison c’est le fait que tout le monde me disait à l’époque que j’étais le premier à avoir le BAC dans l’histoire du Village, pour ça j’étais vraiment aux anges, d’ailleurs je ne cherchais pas à savoir si vraiment j’étais le premier parce que cette situation comme vous pouvez l’imaginer me convenait agréablement.

20. Un endroit magique au village?

Réponse : Sans hésitation, thala bwadda, un climat frais et une eau glacée pendant les moments de chaleur, et un climat très clément et une eau douce pendant l’hiver. Savez-vous que l’eau de thala bwadda est recommandée et demandée un peu partout en Kabylie ? (entre-nous il y a aussi une raison personnelle : c’est là que j’ai connu mon premier amour d’adolescent).

21. Un personnage du village qui… ou que vous admirez beaucoup pour son travail, sa personnalité, etc.

Réponse : Mh’ at ali (Iratni mhed) et Da3wessu (Hasdane Mouloud) a t-irhem rebbi, quelque soit le jugement que tout un chacun peut porter sur eux, c’est incontestablement les deux personnages qui ont marqué tous les esprits à mon époque, d’une manière ou d’une autre, leurs noms étaient toujours associés aux discussions.

Hormis mon propre père, Lhocin n chikh ouyidir, a t-irhem rebbi, je voue une certaine admiration à Lhadj Mohd Akli n Cherif (Himeur), il était d’une générosité et d’une simplicité inégalable (fellas ya3fou rebbi).

22. Un mot sur le blog Ait-Bouyahia.

C’est une idée formidable en soi, mais ça reste toujours à l’état de projet tant que les premiers concernés, à savoir les gens du Village, n’y participent pas. Permettez-moi de saisir cette occasion pour leur faire un appel, dans ce sens : Soyons généreux réinventons notre village sur Internet, nous avons toujours été les meilleurs, faisons tout pour le demeurer. Ce Blog est un début, faisons de lui une réussite totale.

23. Votre mot de la fin :

Réponse : Je vous remercie d’avoir pensé à moi, j’exprime mes meilleurs sentiments d’amour à tous les Ibuyahyiwen sans exception dans toutes les contrées de la planète.

Mes sincères remerciements.

5 commentaires:

malik a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
malik a dit...

Je reconnais qu’on ne connaît pas beaucoup sur Abdellah. H.

J’ai eu la chair de poule en lisant ce passage ou il parlait de la création de l’ASCAB. faire face aux "notables du villages", résister aux ordres établis est vraiment un acte très courageux, surtout à cette époque. J’avoue que Je n’aime pas trop le foot mais toute action envers les jeunes est louable. J’ai vraiment aimé, sans exagération aucune, son ouverture d'esprit, sa sagesse, sa retenue et son combat.

Et pour le BAC, je dirai qu'il restera bien sur le premier au village. Comme une légende, on la gardera ainsi.

Fraternellement Malik KERFI

Anonyme a dit...

Bonjour .
Belle interview sur fond musical d'Ahres.
Pour le BAC et sans rentrer dans la polémique historique je crois que M.Himeur Hocine fils d'Akli a eu sa première partie de bac en 1969 et la deuxième partie de bac en 1970 et a émigré en France en 1971 ( tout celà reste bien entendu à confirmer).
Mais je reconnais à M.Hessas beaucoupe de mérite (bachelier dans une situation difficile )et un esprit d'initiative hors du commun puisque les initiatives sortant des sentiers battus n'étaient pas monnaie courante à l'époque.
Salutations.

Anonyme a dit...

Tu es un grand poete

Anonyme a dit...

Bonjour,

c'est avec une grande admiration,que j'ai lue cette interview (mémé si c’était en retard).

je vous remercie Mr Abdellah.H pour le travail que vous avez pour notre village.

je tiens à remercie aussi Kamel pour les efforts fournies, à fin que ce site soit opérationnel.

Miss N'ath bouyhia.